La santé publique est aussi une affaire d’urbanisme collectif !

L’un des principaux défis de l’aménagement d’une ville est de pouvoir y offrir une qualité de vie bénéfique à tous ses utilisateurs, habitants ou non. Pour cela, les espaces publics doivent être pensés de manière à ce que chacun puisse y trouver une place et afin que le bien-être puisse être ressenti collectivement. Au quotidien, les espaces publics sont également vecteurs de liens sociaux forts et à ce titre, il semble primordial de les aménager convenablement pour conserver la santé et le bien-vivre de tous.

Cette théorie qui met en relation un urbanisme harmonieux avec la bonne santé des citadins prend de plus en plus de force et tend à se concrétiser, si bien que l’urbanisme devient même aujourd’hui un réel enjeu de santé publique. Aux Pays-Bas, le programme de recherche « Healing Places, l’architecture thérapeutique et sensorielle » tente de définir une architecture idéale afin de conférer à tous les utilisateurs de la ville un cadre agréable et ainsi favoriser le bien-être de chacun. D’après les chercheurs, le type de matériaux utilisés, les couleurs, les odeurs ou encore les bruits de la ville font partie d’un ensemble d’éléments qui influent sur la santé mentale et physique des usagers de la ville…

La santé publique est aussi une affaire d’urbanisme collectif

Le développement d’infrastructures sportives et d’espaces verts contribue au bien-être des habitants

On comprend alors, par ces nombreux facteurs à prendre en considération, que la construction d’un bien-être urbain n’est pas si simple. Pourtant, de nombreuses méthodes permettent d’instaurer un certain dynamisme individuel et collectif au sein de toutes les villes. Par exemple, la bonne santé de chacun suppose notamment de développer les infrastructures sportives à destination de tous les utilisateurs de la ville, sans distinction d’âge, de sexe ou de capacités physique et mentales. C’est en rendant l’espace public à tous, en offrant la possibilité de se dépenser, que le fléau de la sédentarité pourra commencer à être mis à mal. Les risques de maladie cardiaque, d’AVC, de diabètes et de certains cancers pourront par ailleurs être réduits de 23% !

Qui dit installations sportives et espaces de qualité, dit également présence d’espaces verts permettant de faire une petite pause, à l’écart du tumulte urbain tout en restant en ville. À Londres et à Puerto Rico, deux architectes projettent d’ailleurs de réaliser ce qu’ils appellent des « arbres-coton» afin de pouvoir se reposer dans des petites couchettes installées sur la hauteur des troncs.

L’impact de l’aménagement des espaces urbains sur la qualité de vie des usagers

En résumé et ce n’est plus un secret, le bien-vivre des citadins suppose inévitablement la présence affirmée d’une nature revigorante au cœur de nos espaces publics. D’ailleurs, elle permet aussi de protéger les habitants de la ville des risques sanitaires liés à l’activité urbaine : à l’écart du bruit et de la pollution, en d’autres termes éloignés du stress et de l’air insalubre, les utilisateurs de la ville qui pratiquent les espaces verts ménagent leur santé mentale et physique. Selon une étude IFOP pour l’Union nationale des entreprises du paysage (UNEP) et selon un rapport de l’UKNEA (United Kingdom National Ecosystem Assessment), la végétalisation urbaine serait par conséquent la source d’importantes économies en matière de santé publique : jusqu’à 3,4 milliards par an sur le territoire national ! En effet, en luttant contre les effets néfastes de la pollution atmosphérique, le feuillage des arbres et l’action de la chlorophylle naturelle réduisent considérablement les îlots de chaleur urbains ainsi que les risques de contracter une maladie liée à la pollution générée par ces îlots néfastes.

C’est donc par la création d’espaces de qualité, aérés, que tous les citadins pourront être incités à mieux profiter de la ville et de ses lieux publics qui invitent à rester en bonne santé. Surtout, l’apport de la nature apporte des bénéfices indéniables sur le bien-être collectif au sein des villes, même les plus densément construites. En apaisant le stress véhiculé par l’ambiance urbaine, la nature en ville et des espaces publics confortables deviennent donc garants d’une ville plus vivante, plus propre et plus saine.

Il semblerait que ce constat soit aujourd’hui entré dans la plupart des esprits des citadins. Toutefois, il ne s’agit pas d’aménager des espaces verts de manière irréfléchie. La création de parcs, même de petits espaces de plantation ou autres petites délicatesses de verdure doit au contraire faire l’objet d’une réflexion collective, en accord avec les lieux de vie partagée et menée avec les citadins et tous les autres utilisateurs de la ville. Bannir la ville malsaine de nos imaginaires et de nos quotidiens doit être le reflet d’une action concrète à toutes les échelles de la ville et portée par tous ses acteurs.

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