Quand la lumière joue au médecin du travail

Les dangers d’une surexposition à un éclairage artificiel

Depuis que l’éclairage artificiel a pris une place incontournable dans notre quotidien, les horaires professionnels n’ont plus de limites. Nous pouvons travailler de nuit, sur des horaires plus longs, en été comme en hiver, et l’arrivée du crépuscule semble ne plus être une contrainte pour ces rythmes quotidiens. Cette révolution, qui a permis d’élargir nos emplois du temps journaliers, reflète une avancée de taille en matière d’économie. Mais en ce qui concerne la santé publique, il s’agit d’une toute autre histoire. Comme son nom l’indique, la lumière artificielle n’est en effet pas naturelle et peut donc représenter à ce titre, de grands risques sur l’équilibre biologique et naturel de chacun.

Alors que la lumière apportée par le soleil participe naturellement à la synchronisation de notre horloge biologique, de nombreuses études ont démontré les effets néfastes d’une exposition excessive à un éclairage artificiel. Le rythme circadien en particulier, c’est-à-dire le cycle humain de 24h pendant lequel la nuit sert à dormir et le jour à être éveillé, peut être profondément déréglé si le manque de lumière naturelle se fait ressentir. Ce sont d’ailleurs les pays nordiques qui éprouvent le plus de cas de dépressions en période hivernale, alors que les luminaires artificiels remplacent la lumière du jour presque sans discontinuer…

La perturbation du cycle naturel et le déréglage de l’horloge biologique entraîne progressivement des troubles du sommeil, puis une fatigue qui s’accumule. Cette perte de tonus naturel en journée provoque à son tour une véritable baisse de concentration de manière générale, mais aussi au travail.

 

Pour un éclairage adapté et en accord avec les rythmes de chacun

Bien entendu, il ne s’agit pas de considérer ce constat comme une fatalité pour la concentration globale des êtres humains. Il existe en effet des solutions durables et efficaces, qui respectent le rythme biologique et le bien-être de chacun. Dans les espaces de travail par exemple, la gestion lumineuse des espaces peut être appréhendée de manière à être adaptée aux besoins, mais aussi à la santé de tous.

Certaines couleurs sont notamment plus nocives que d’autres. En limitant la présence de ces tons trop artificiels, de réels résultats peuvent être observés sur la santé des utilisateurs. Dangereux pour la vision, les effets de la lumière bleue peuvent par exemple être limités grâce à du phosphore sur les luminaires, à condition qu’il soit appliqué de manière précise. Mais il semblerait qu’aucune norme générale n’existe à ce sujet, ce qui fait naître des équipements tous différents les uns des autres, et pas toujours très sains. Dans ce cas, l’existence d’une loi pourrait certainement être davantage bénéfique pour l’ensemble de la population…

Dans le but de développer des bureaux intelligents en la matière, le projet de recherche européen CREST, Community REtrofit through Sustainable Technology s’est penché sur la notion d’éclairage flexible : Lorsque les personnes ont la possibilité de façonner leur éclairage en accord avec leurs propres besoins, leur sensation de bien-être et leur satisfaction au travail s’en trouvent accrues. Les études du CREST ont par ailleurs démontré que les niveaux hormonaux dans le sang fluctuent au cours de la journée en fonction de la lumière naturelle qui se présente. Une luminosité plus importante rend généralement les personnes plus actives et dynamiques, alors que leur énergie et leur vitalité décroissent proportionnellement avec l’intensité de la lumière naturelle. Par une gestion mieux rythmée du taux de luminosité, il serait ainsi imaginable de permettre aux horloges biologiques de retrouver un cycle bien plus naturel et par conséquent plus sain pour l’organisme de chacun.

Il est donc possible de jouer sur les couleurs ou bien sur des rythmes d’intensité lumineuse afin de préserver l’intégrité biologique des personnes au travail. Mais il existe également des systèmes d’éclairage qui offrent une lumière très proche de celle fournie par notre astre lumineux, par le biais de longueurs d’ondes comparables et d’un spectre lumineux très blanc, à l’instar de celui créé par la lumière du soleil.

Des solutions existent donc ! Pourtant, près d’un salarié sur deux dans le monde ne bénéficie pas encore d’un éclairage adapté à son rythme circadien. C’est la raison pour laquelle il est important pour l’aménagement des espaces publics, des bureaux et des lieux de vie du quotidien, d’apporter un regard encore plus poussé sur les bénéfices d’une lumière intelligemment pensée et des apports qu’elle peut avoir sur la santé !

 

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