Une législation sur les luminaires LED pour mieux développer l’éclairage durable ?

E n octobre dernier se déroulait la 9ème édition du rassemblement “Jour de la nuit”. Organisé par l’association Agir pour l’Environnement, cet événement tend à sensibiliser le grand public sur les pollutions nocturnes. Parmi celles-ci, se trouve bien évidement la lumière. Pour cette édition, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, était invité. Cet événement était pour lui l’occasion de lancer un appel aux collectivités, citoyens et entreprises présentes.

D’ici le printemps 2018, un arrêté et des actions pour la protection du ciel et des écosystèmes nocturnes seront lancés. Si le bruit constitue l’un des angles majeurs, la pollution lumineuse est tout aussi centrale dans cette démarche. En ce sens, Nicolas Hulot souhaite une “mobilisation de l’ensemble des exploitants d’installations lumineuses afin de déterminer les outils, y compris réglementaires, qui pourraient être mis en place pour aller vers plus de sobriété sur les autres sources d’éclairage non couverts par la réglementation en vigueur”.

En effet, face au défi climatique que nous devons relever, l’éclairage est un sujet, bien qu’il ne représente en moyenne que 19% de notre consommation d’électricité globale. En France, l’éclairage représente 10% de notre consommation. Pourtant, comme dans chaque domaine, nous avons notre part du colibri à faire. Pour que l’éclairage contribue au développement durable, nous devons d’abord choisir un matériel de qualité. Cela concerne la source lumineuse, mais aussi l’appareillage.

Législation éclairage Led

Lampes sodium à haute pression VS luminaires LED

Pendant longtemps, nous avons utilisé, et utilisons encore des lampes SHP (Sodium à Haute Pression) pour l’éclairage public. Sur plusieurs points, celles-ci se révèlent aujourd’hui inaptes à la contribution de notre bon développement. En effet, les moins-values sont multiples. D’abord, ces ampoules produisent de la chaleur, ce qui est nocif pour notre environnement. 95 % de l’énergie créée est dégagée en chaleur et 5 % est utilisée pour éclairer. Une équation somme tout très peu profitable pour notre planète mais aussi pour notre porte-monnaie.

A l’inverse, le marché de la LED a le vent en poupe depuis quelques années. Cela fait environ 30 ans que les LED sont développées dans divers domaines tels que les systèmes industriels ou les systèmes d’éclairage. Il s’avère que cette technique ait des retombées largement plus bénéfiques que ce soit en termes environnemental ou économique. Par exemple, le développement technique de ce type d’éclairage offre une autonomie beaucoup plus importante, estimée à 100.000 heures, quand les SHP ont une durée de vie allant de 12.000 à 16.000 heures. Le rendement général de la LED est nettement plus intéressant. En effet, la LED consomme moins, pour une distribution lumineuse égale, et met quelques millisecondes à s’allumer quand les luminaires SHP prennent plusieurs minutes. Nous avons aussi une meilleure précision dans la maîtrise de la puissance et donc de l’intensité lumineuse ou simplement la consommation de l’éclairage.

S’ajoute à ces nombreux avantages, la qualité de la lumière produite.

Bien choisir son luminaire LED

Si les systèmes lumineux LED sont révolutionnaires, ils ne sont pour autant pas tous neutres. En effet, l’ensemble des luminaires LED présents sur le marché ne se valent pas. Pour le ministre de la transition écologique et solidaire, la limitation des pollutions lumineuses passe par un changement des comportements et des installations.

“Tout en maintenant la présence nécessaire d’éclairage pour assurer la sécurité de tous, les actions à la portée de chacun – citoyens, collectivités et entreprises – passent notamment par la réduction du temps d’éclairage et des points lumineux, l’orientation vers le sol des flux lumineux et la mise en place de dispositifs économes tels que des minuteries, des détecteurs ou des lampes économes.” déclare-t-il.

L’affirmation est évidente. Pour autant, ces ajustements ne sont pas suffisants. Un autre élément majeur entre en compte dans le développement durable de l’éclairage : le choix du luminaire LED.

En effet, sur le marché de l’éclairage, tous les luminaires LED ne se valent pas. Durée dans le temps, consommation, qualité de l’éclairage… aucun indicateur ne permet pour le moment de mesurer ces éléments.

S’ils ont un impact sur l’environnement, ils ont aussi une influence sur la qualité de l’aménagement. Quand on conçoit un plan lumière, l’intensité et le rayonnement spatial sont pris en compte, afin de couvrir l’espace de la manière la plus pertinente qu’il soit. Pourtant, aucune législation n’oblige pour le moment les fournisseurs à indiquer à partir de quel moment le luminaire LED ne fournira plus assez de lumière pour répondre au besoin des usagers. Il semble indispensable que ces éléments soient mis à disposition des clients. Car pouvoir choisir la performance, c’est pouvoir choisir de préserver l’environnement en établissant des aménagements de long terme.

Cela garantit des installations pérennes économiques, qui constituent également une gestion du recyclage que la performance ne requiert pas. Devons-nous alors penser des normes pour le développement d’indicateurs de qualité des luminaires LED ?