Pouvons-nous éviter le blackout en France, en Europe et dans le monde ?

La France va-t-elle bientôt être plongée dans le noir ? À l’heure où la lumière investit toujours plus nos villes, une réflexion collective et une prise de conscience progressive font leur apparition au sein des sociétés. Avec elles, l’ambition de stabiliser une consommation énergétique qui croît d’année en année. Cette utilisation massive d’électricité, en particulier en période hivernale, effraie les pouvoirs publics qui craignent l’apparition des phénomènes de pénuries d’énergie et de coupures généralisées, appelées blackout. Mais cette crise énergétique qui nous menace est-elle inéluctable ou peut-on la maîtriser ?

Eviter le blackout en France, en Europe et dans le monde

Le black-quoi ?

Ce que l’on appelle blackout, (à ne pas confondre avec black-out qui est une stratégie militaire) désigne une panne généralisée de courant se produisant à grande échelle. Celle d’une région ou d’un pays. Cette grande coupure est la conséquence d’un déséquilibre entre la consommation énergétique de la population et la production de cette même énergie. Celle-ci étant produite en France à 75% par le nucléaire, elle ne peut pas être stockée et doit impérativement être produite en fonction de la consommation globale à un instant t.

La cause principale de ce malheureux déséquilibre annuel est l’installation du froid en période hivernale qui pousse les ménages à consommer davantage d’énergie, notamment pour se chauffer, mais également pour s’éclairer en ces journées moins ensoleillées. Lorsque les températures sont négatives, chaque degré perdu entraîne une consommation supplémentaire de 2.100 mégaWatts, équivalant deux fois la consommation d’une ville comme Marseille.

C’est déjà au début des années 2000 que l’Europe prend conscience de ce potentiel manque d’énergie en période hivernale, mais il aura fallu attendre 2014 pour que deux rapports annoncent la probabilité croissante d’un risque de blackout électrique pour les hivers à venir. Ces deux documents anticipaient par exemple que pour l’hiver 2016-2017, en cas de pic de consommation, il pourrait manquer à la France environ 2000 mégawatts (MW), soit l’équivalent de la production de deux réacteurs nucléaires comme ceux de la centrale de Tricastin en Ardèche (qui en compte quatre).

En moyenne, notre consommation électrique grimpe de 1,2% annuellement. Avec une capacité de production nucléaire stable, les risques de surconsommation deviennent donc chaque année de plus en plus importants. Toutefois, des solutions existent afin d’esquiver au mieux la foudre de l’épée de Damoclès annuelle qui menace la France.

Repenser l’éclairage pour éviter le blackout

Aujourd’hui, l’usage par la population française de l’éclairage représente une part non négligeable de la consommation électrique totale puisqu’elle en constitue en moyenne plus de 12%. Il semble alors important de redéfinir les manières de s’éclairer, qui doivent être à la fois plus durables mais surtout plus économes en énergie afin d’éviter un éventuel blackout. Quelle est donc le rôle de tous les consommateurs pour contrer une catastrophe régionale, qui pourrait devenir nationale voire mondiale ?

En réalité, c’est avec dans un premier temps, des gestes simples et relevant du bon sens que nous pourrons avoir des comportements plus économiques, écologiques et vertueux. Il s’agit par exemple d’éteindre l’ensemble des lumières et des appareils électriques dans les bureaux désertés la nuit. D’ailleurs, cette mesure est la première à être appliquée par le Gestionnaire du Réseau de Transport Électrique (RTE) lorsqu’une crise énergétique survient.

Outre ce genre de petits gestes du quotidien, les pouvoirs publics doivent également agir en vertu de la transition énergétique. C’est dans ce cadre que l’Europe s’est donnée l’objectif de passer à 20% d’énergies renouvelables en 2020 puis 27% en 2030. Par ailleurs, la démocratisation des méthodes d’éclairage plus économiques semble également pouvoir donner un élément de solution au risque de blackout. Les LED en particulier, utilisées à bon escient et en quantité modérée sont un outil pour réaliser de sérieuses économies d’énergie.

Notons en parallèle que de nombreux équipements fournis en énergie à l’aide de systèmes d’alimentation alternatifs poursuivent leur essor, comme les candélabres alimentés par le biais de l’énergie solaire, ou bien le développement de l’énergie éolienne qui permet d’alimenter certaines communes par un complément d’électricité.

Si le blackout est principalement évoqué en période hivernale, il est pourtant clair que c’est sur les bases d’une stratégie appliquée tout au long de l’année que les risques pourront s’éloigner de la population. C’est donc de manière quotidienne, mais surtout par un engagement responsable de l’ensemble des consommateurs qu’une catastrophe pourra être évitée. Nous parlons aujourd’hui de blackout régional ou national. Mais si la transition est manquée, peut-être parlerons-nous d’un blackout mondial ?