Étude de cas "Éclairage public" : Comment développer l’éclairage intelligent pour un territoire intelligent ?

De manière générale, l’éclairage public est un gouffre financier et énergétique pour les collectivités. En fonction de la taille des communes, la consommation électrique liée à l’éclairage public représente 40 à 50 % de la consommation globale. En plus de ces dépenses électriques, l’investissement matériel et la maintenance représentent également un coût, lourd à supporter pour les communes. En 2016, l’Association Française de l’Eclairage estimait que les dépenses liées à l’éclairage public pouvaient être réduites de 70%. Pourtant, cela ne doit pas se faire n’importe comment, car l’éclairage intelligent est nécessaire pour notre confort, mais aussi pour notre sécurité. Il ne s’agit donc pas de choisir un matériel bas de gamme et de mauvaise qualité pour baisser les dépenses. En effet, cette même association estimait qu’un bon éclairage permet de réduire les accidents de la circulation de 30 à 40% et les actes de vandalisme de 50%.

En plus de choisir un matériel performant et durable, d’autres éléments nous permettent d’améliorer notre usage de l’éclairage public : le développement d’une stratégie dite “intelligente” avec la mise en place d’un éclairage connecté. Mais en quoi consiste cette nouvelle forme d’éclairage, intelligent ?

Développer l'éclairage intelligent

L’éclairage intelligent : en quoi ça consiste ?

L’éclairage intelligent et connecté est un outil qui permet d’entrer en interaction avec les besoins, les usages et les comportements de ses utilisateurs, mais aussi avec son environnement.

A l’heure actuelle, la plupart des points lumineux sont mécaniquement régulés. Autrement dit, ils s’allument et s’éteignent en fonction du coucher et lever du soleil, tout en produisant une même intensité lumineuse pendant toute la nuit. Or, en fonction des espaces et du temps, chaque lieu n’a pas besoin du même niveau d’éclairement. Par exemple, une route n’a pas besoin que son système d’éclairage soit allumé à plein flux quand personne n’y circule. L’éclairage intelligent permet de régler l’intensité lumineuse en fonction des besoins, mais il permet surtout d’activer le luminaire quand l’espace qu’il éclaire est occupé.

De manière générale, l’installation d’éclairage public implique un investissement matériel. Mais celui-ci peut être optimisé en fonction des services innovants qui sont aujourd’hui accessibles aux collectivités. En plus d’être récepteurs de luminaires, les mâts d’éclairage peuvent devenir des points d’accès au Wifi, des supports de vidéosurveillance ou encore des points de recharge pour véhicules électriques. Un choix pertinent de LED permet même le développement d’un nouveau système d’accès à internet via la source lumineuse, le Lifi.

Nous le comprenons, la palette d’équipements lumineux intelligents s’élargit et offre des possibilités multiples. Mais quel intérêt pour une collectivité d’investir dans de tels équipements ?

Quels intérêts pour les collectivités ?

La maîtrise de la consommation énergétique, associée au développement de la multifonctionnalité des équipements, permet d’optimiser le budget d’investissement et de fonctionnement.

Ensuite, l’adaptation de la luminosité en fonction des besoins et des usages permet d’améliorer le confort et la sécurité des utilisateurs. En effet, en supprimant les temps d’éclairage inutiles, on augmente la qualité d’éclairage et l’attention des usagers durant les périodes de la nuit où la lumière est nécessaire.

De plus, cela permet de réduire la consommation d’énergies et le dégagement de CO2 dans l’air. Une donnée majeure qui contribue à la réduction de notre impact écologique. En effet, sur les dix dernières années, notre consommation excessive à fait augmenter de 30% le halo lumineux qui surplombe les villes, nocif pour l’environnement.

Par ailleurs, le développement des systèmes d’éclairage intelligent permet la mise en place de réseaux de gestion et de maintenance à distance. Ce qui offre une meilleure visibilité quant à la qualité des infrastructures, et une meilleure réactivité face aux besoins de maintenance.

Comment passer à l’éclairage intelligent ?

Une première étape consiste à diminuer massivement la consommation des luminaires déjà existants à travers la réduction de la tension d’alimentation aux heures de faible fréquentation pour réaliser 30 à 40% d’économies d’énergie. Ensuite, l’éclairage intelligent n’est possible que par le passage à l’éclairage LED, qui permet une réduction significative des consommations électriques de 50 à 90% en fonction de l’installation initiale et finale. La mise en place d’une horloge astronomique synchronisée et performante, de détecteurs de présence, d’une communication inter-luminaires… permet d’approcher les gains maximum.

Ensuite, des systèmes de supervision et de télégestion d’éclairage public de plus en plus performants arrivent sur le marché. Les informations concernant les armoires d’éclairage ou les lampadaires sont transférées à un site WEB à partir duquel l’installation peut être surveillée ou gérée. En cas de dysfonctionnement, les informations importantes peuvent être envoyées quasi-instantanément par Email ou SMS, à l’opérateur concerné. Certaines options permettent même d’identifier le problème précisément avant de se rendre sur place.

Si les équipements liés à l’éclairage public ne cessent de se développer et d’être de plus en plus innovants, l’éclairage connecté et intelligent passe par une rénovation du parc de luminaire de chaque commune. Même si, par les éléments qu’il est nécessaire de déployer, ces changements sont encore générateur de doutes du côté des collectivités, cela constitue un point central d’économie financière. D’abord au niveau de la consommation énergétique et donc des factures d’électricité, mais aussi en termes de maintenance.