Entre spontanéité et image de marque, le sport s'invite dans l'espace public

La deuxième étoile brodée sur le maillot de notre équipe de foot nationale, nous a rappelé à quel point le sport peut avoir un effet de cohésion ; les images de liesse populaire dans les rues des grandes agglomérations françaises ont montré que le sport est au cœur des préoccupations des Français. Plébiscitée pour ses impacts positifs dans de nombreux domaines (santé, enseignement, cohésion sociale, tourisme, économie…), la pratique du sport touche en effet près d’un Français sur deux (1). C’est ce que révèle une enquête « Pratiques sportives et infrastructures sportives de proximité » menée en 2015 pour le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des sports, par la société BVA. Il y apparaît que cette motivation pour l’activité physique et sportive touche toutes les tranches d’âges, et même la parité y est respectée (2)!

Une pratique de plus en plus urbaine …

Autrefois fortement attachées au besoin fondamental de « grand air », les pratiques sportives s’adaptent aux évolutions des territoires et se fondent dans l’environnement urbain. Les chiffres du Ministère en attestent, 90 % des citadins (vivants dans une ville de plus de 100 000 habitants) pratiquent une activité physique et sportive (3). Certes les disciplines auxquelles les Français restent attachés sont le vélo, la course à pied et la randonnée (des disciplines qui peuvent s’exercer aussi bien en milieu urbain que naturel), mais la progression récente de la natation ou le fitness démontrent un attachement aux équipements sportifs urbains (4).

… qui entraîne une évolution des aménagements sportifs

Mais au-delà du « besoin en équipements sportifs » que l’enquête fait ressortir, en filigrane on découvre d’une part un besoin d’équipements à usages mixtes : terrain multisport, aménagement de parcours sportif, aire de glisse urbaine, aire de fitness, ou encore les très prisés murs d’escalade! Cet engouement pour les équipements normés comme lieux de pratiques des sports en ville est aussi le révélateur d’une envie d’autonomie, d’autre part (5). Fini le temps du sport collectif à horaire fixe en gymnase, les pratiquants des sports urbains font sauter les contraintes de lieu, de temps et d’encadrement.

L’aménagement des espaces publics comme vecteur du sport en ville

Ce besoin de liberté est également prégnant dans les nouveaux usages ludo-sportifs sur l’espace public. Les rues, les places, les parcs, les quais, deviennent ainsi des lieux de pratiques privilégiés pour les usagers. Cela se manifeste au travers des pratiques sportives qui détournent l’usage de la voirie (rollers, skate, BMX, etc.), mais aussi par des manifestations temporaires (terrains en libre accès, aires d’exercices, etc.).

Les recompositions urbaines récentes des abords des fleuves dans les grandes métropoles sont devenues les vitrines de cette extension du domaine des sports urbains. Elles sont « les grands boulevards » des sportifs qui s’y croisent, s’y regardent et s’y montrent.

 

D’ailleurs il en va même de l’image de marque des métropoles qui ont compris que le sport joue un rôle à part entière dans le marketing territorial. Que le sport en ville soit le résultat de l’aménagements des espaces publics ou des aménagements sportifs dans les espaces urbains, on parle désormais de « marqueurs urbanistiques » qui correspondent aux standards internationaux.

(1) BVA 2015 : 58 % des Français (+ 18 ans) pratiquent un sport au moins une fois par semaine
(2) BVA 2015 : les hommes représentent 51 % des pratiquants
(3) Ministère des sports 2018: « La valorisation du sport dans les espaces urbains métropolitains »
(4) BVA 2015 : 51% des Français souhaitent + d’espaces de fitness en plein air et en accès libre
(5) BVA 2015 : 85% des français jugent les infrastructures de proximité comme un lieu de vie essentiel pour la vie de la commune

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