L’Europe, cette éternelle bavarde.

Les douceurs du printemps reviennent, vous songez déjà à vos prochaines vacances. Ce moment de l’année que vous attendez avec impatience, cette occasion propice à une escapade hors du bouillonnement urbain et de votre petit train-train quotidien. Où irez-vous cet été ? Pourquoi pas la Corse? Porto-Vecchio, Ajaccio, Bastia… Des noms sentant bon le thym, l’amandier, le figuier… C’est inspirant ! Ces villes méditerranéennes vous gâteront, étant favorables au « riposu »[1].

Les bruits de la ville.

En y allant vous vous éloignerez, un moment, de toutes les pollutions qui enveniment la ville. Cette cité, que vous aimez tant, malgré ses défauts. L’un de ses plus vilains est la pollution sonore. Bien qu’invisible, celle-ci n’est pas très discrète. Elle entraîne dans la mort l’équivalent de la population de Porto-Vecchio, à l’échelle européenne. Ces statistiques peu reluisantes placent la pollution sonore derrière la pollution atmosphérique, soit la deuxième place du palmarès.

Je t’aime moi non plus.

La tourismophobie, le mal de la démocratisation des séjours vacances, gagne du terrain. Pour faire part de leur mécontentement, les locaux de nos destinations préférées s’assemblent, face à ce qu’ils perçoivent comme une invasion.  Cette manne économique qu’est le tourisme devient une véritable boîte de Pandore. Le trop plein de touristes impacte leurs quotidiens. L’abnégation et le ras-le-bol, les poussent à fuir. Les raisons de cet exil sont nombreuses. Dans cette ville devenue trop prisée, les moins nantis ne pouvant plus accéder à la propriété, choisissent de s’en éloigner. La dureté de la loi de l’offre et de la demande…

Les gardiens de la ville.

Certains font le choix de partir, ne supportant plus la situation, car il y a trop de tout, tout le temps et surtout trop de monde ! Et cette saturation, dû à l’occupation touristique, crée un vacarme extraordinaire ! Bref, les hôtes en ont marre et se manifestent, ils veulent reconquérir leurs villes.
« 26% de la population espagnole y serait exposée( à la pollution acoustique) soit environ 12 millions de personnes » [2]

Berlin et le mur du son.

La spéculation récente, le besoin d’émancipation de la Capitale et la gentrification de ses administrés, mettent en danger les usines à bruit : Les discothèques et les autres repères à oiseaux de nuit. Depuis la chute du mur, les jeunes clubbeurs sont devenus les parents d’aujourd’hui. Paradoxe oblige, ces nouveaux mâtures et responsables ne tolèrent plus ce bruit qu’ils affectionnaient tant. Berlin n’aime pas la séparation, ravivant de mauvais souvenirs.

Une sage décision.

Alors, comme une mère bienveillante, elle cherche à contenter tout le monde. Elle se veut compréhensive face au mécontentement de ses administrés. Mais lucide, la Berlinoise n’est pas enthousiasmée par l’éventualité d’une désertification de la ville de ses lieux nocturnes emblématiques. Si elle choisit la passivité, elle pourrait assister à leurs mises à mort sur la place publique.

Des lendemains qui chantent.

Ces lieux de socialisation sont toujours très recherchés et garantissent un tourisme jeune et dynamique. Ces endroits sont, qu’on les aime ou pas, des sources incontestables de revenus et d’emplois. Berlin, comme toutes les grandes destinations touristiques, a grand intérêt à trouver un compromis… La belle Allemande a choisi d’insonoriser ses vieilles bâtisses. Elle propose aussi un service de médiation.

Halte-là !
Revenons à vous et à vos prochaines vacances. Dites-vous que, peu importe votre choix, nous vous conseillons de ne pas faire subir aux locaux ce que vous n’aimez pas vivre à la maison et ce que vous fuyez : le bruit. Ne soyez pas vecteur de tourismophobie !

[1] « Repos » en langue corse.

[2] https://lepetitjournal.com/barcelone/actualites/bruit-pollution-acoustique-et-nuisances-sonores-en-espagne-62931

 


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