Le chant de la liberté.

Nos premières fois sont souvent mémorables.  Avec du recul, elles deviennent anecdotiques et nous font rire. Le premier appartement, par exemple, ce symbole d’émancipation est digne de mention. Ce premier chez-soi n’était pas, faute de moyens, celui auquel nous aspirions. Nous étions loin du grand loft américain croisé dans nos téléséries préférées.

En fait, nous étions plus proche de la chambre de bonne parisienne. Peu importe, ce petit repère était le nôtre et nous en étions fiers. C’était la matérialisation de cette liberté nouvelle et nous le décorions avec plaisir. Après la phase d’euphorie vint la dure réalité : vous n’étiez pas seul au monde, vous deviez vivre en collectivité…

« Pour commencer, il ne faut pas oublier que chacun est à la fois émetteur et récepteur de bruit. »[1] 
Au sommet de la tour de Babel.
Les bruits et les sons venaient de partout, et ce, tout le temps ! Vous n’étiez jamais seul ! Au bout de quelques semaines, vous connaissiez par cœur les habitudes des autres locataires. C’est fou à quel point le son nous rapproche et nous lie les uns les autres ! Vous étiez bien entouré, il y avait des fêtards, des mélomanes, des musiciens, etc. Dans cette tour, tout le monde s’exprimait, même le petit chien d’à côté.

Le vendredi, tout est permis ou presque…
Mais celle qui vous hantait le plus, c’était celle du dessus, celle qui ne quittait jamais ses talons hauts. Cette jeune trentenaire aimait, sans doute, prendre de la hauteur. Ce qui pouvait expliquer son choix d’être le point culminant de cette pyramide sonore. Vous redoutiez le week-end, cette période de repos n’était pas la vôtre! Votre voisine du dessus, par exemple, semblait avoir beaucoup de raisons de faire la fête. Et chez elle, une fête, ça s’étalait sur trois jours, comme un mariage marocain ! Un mariage auquel vous n’étiez pas invité, pourtant vous aviez la gueule de bois, à tous les matins.

Durant trois jours, c’était musique à fond, couplé à du chant, des cris, des sauts, votre plafond en tremblait d’effroi. Cette cacophonie s’amplifiait, la belle saison arrivée, car toutes les fenêtres étaient grandes ouvertes. En grande carence de sommeil, vous tentiez de retrouver Morphée, en ne vous séparant plus de vos Boules quies !

 La nature porte conseil.
Pour vous revigorer et vous échapper de votre cloître trop bruyant, sortez un peu ! Une parenthèse santé qui vous sera profitable. Prendre un peu de recul pourra vous aider à trouver « LA » solution à votre problème ! Une commune proactive et dynamique offrira l’embarras du choix ! Dans votre secteur, vous pourriez trouver un parc ou un établissement sportif intérieur ou peut-être même extérieur ? Ce dernier alliant deux échappatoires efficaces et a peu de frais (offert sans ordonnance et à consommer sans modération) : la nature et le sport. Une occasion en or pour découvrir de nouveaux hobbies et passions.


Quelques conseils d’amis.
Vous vous êtes reconnu dans ce monologue ? Vous voudriez en savoir un peu plus sur les solutions possibles ? Sachez que vous n’êtes pas seul et que votre situation n’est pas absolue. Vous n’avez pas, pour seule et unique option, le changement d’adresse. Vous avez plusieurs cartes à jouer ! Quelquefois, une bonne communication et un peu d’amabilité peuvent s’avérer magiques et suffisants. Vous n’osez pas le faire ? Vous craigniez qu’ils ne soient pas réceptifs? Vous devriez plutôt vous demander : Ce que vous auriez à perdre d’essayer ?  Vous avez plutôt beaucoup à gagner !

La recette du succès.
Si vos homologues sont hermétiques à tout dialogue, il est inutile d’insister (vous pourriez vous-même avoir des ennuis !) et passer au plan B. Nous vous invitons à faire un peu de recherche, dans le but de trouver des textes de référence, qui pourront vous être utiles. Vous pouvez demander à consulter, s’il y a lieu, le règlement de copropriété. Vous pouvez aussi vous tourner vers votre mairie, car les communes peuvent avoir leur propre arrêté à ce sujet.

À la recherche de la quiétude perdue.
Ensuite, si ce n’est toujours pas suffisant, vous serez invité à coucher votre problème sur papier. Pour ce faire, il y a un processus défini et conseillé. Dans pareille situation, il vaut mieux ne pas trop improvisé. Commencer par faire un courrier simple, puis un autre recommandé avec avis de réception, etc. Il y a aussi des spécialistes qui peuvent vous accompagner dans votre démarche: du conciliateur de justice à l’agent de police en passant par Monsieur l’huissier. Toutes ces démarches peuvent s’avérer longues et fastidieuses, mais seront peut-être nécessaire pour que vous puissiez retrouver votre quiétude perdue : Dites-vous que votre santé le vaut bien !

 

[1] https://www.goodplanet.info/actualite/2014/12/07/le-bruit-est-un-probleme-de-sante-publique/

 


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