L’appel de la nature.

Imaginons que vous soyez sur le trajet du travail et que vous croisiez un tout nouveau chantier… Vous en avez l’habitude, ils poussent dans la ville, comme des champignons… Pour cette fois, vous foncerez tête première dans ce vacarme, mais la prochaine fois, vous changerez votre itinéraire temporairement, quitte à perdre un peu de temps… Un parcours que vous aviez adopté depuis tant d’années et qui vous sécurisait par sa monotonie. Mais bon ! Vous n’avez pas apprécié votre expérience et vos sens non plus. Dites-vous que ce phénomène de protection est naturel et que nous le retrouvons chez l’animal aussi.

En proie à l’hyper-vigilance.

Les animaux, ces êtres sensibles, ont des sens plus aiguisés que l’Homme. Pour se protéger certains individus choisissent comme nous de changer leurs habitudes voire de quitter leur habitat naturel. Ce changement de comportement n’est pas sans conséquence. Il peut impacter la répartition des espèces, donc nuire à la chaîne alimentaire. L’animal peut se résigner et tenter de s’adapter à cette agression. Pour ce faire, il devra faire preuve d’une vigilance accrue, car le bruit risque de camoufler les sons de la nature et de tous ses dangers.

L’abeille bourdonne, l’âne brait et l’Homme fait du bruit.

L’Homme ne peut pas s’empêcher d’ennuyer tout le monde. Comme nous le disions, il noie les bruits de la nature, les étouffe et n’épargne pas le chant euphorisant des oiseaux. Car oui, le vacarme urbain, à prédominance sur les gazouillis, jacassements, chants et sifflements de toutes sortes. L’oiseau un peu narcissique aime s’écouter chanter.  Soudain, réduit au silence, il est un peu froissé.

Une biodiversité en chute libre.

Certains spécimens confronteront le bruit en duel : ils contre-argumenteront, soit en élevant la voix, soit en chantant plus tôt.  La modification n’affecte pas que la qualité du chant, elle est aussi lourde de conséquences. Car ce nouveau son pourrait ne pas plaire à ses prétendants, ce qui impacterait sa reproduction. Il est constaté que, dans les zones très touchées par la pollution sonore certaines espèces sont en chute libre ou leurs petits sont moins coquets et plus petits.

Au chant des sirènes.

Dans les actualités, nous voyons souvent des mammifères marins échoués sur les plages, au grand désarroi des baigneurs et des badauds.  Ce phénomène démontre la situation catastrophique de nos mers, jadis si paisibles. Pour cause, le trafic maritime a progressé à une vitesse folle. En à peine une génération, la mer est comme jamais polluée par l’activité humaine et ces sonars, ces moteurs, ces hélices, ces alarmes, etc. Des bruits qui perturbent la communication entre congénères et désorientent l’ensemble de la vie aquatique.

La chaîne se démaille.

Les Hommes et les animaux ne sont pas les seules victimes de la pollution sonore, il y a aussi les insectes. Les polinisateurs, par exemple, s’ils n’arrivent plus à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Alors les plantes se reproduisent moins naturellement, avec moins d’aisance.  L’Homme, ce spécimen candide, oublie parfois qu’il est lui-même un maillon de la chaîne. Le jour où la nature généreuse ne réussira plus à remplir son assiette et à combler son appétit insatiable, cet omnivore risque de regretter sa passivité. « Quand nous oublions que nous sommes enchâssés dans le monde naturel, nous oublions aussi que c’est à nous-mêmes que nous faisons ce que nous infligeons à notre environnement. »[1]

[1]  Suzuki, D ; & Mcconnell, A. (2003) L’équilibre sacré : Redécouvrir sa place dans la nature (Québec, Fides), cité par Nicole Huybens, op. cit. p.93.

 

 


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