La ville de Nantes, un laboratoire de lumière.

« 80% de l’humanité vit désormais sous les feux des lumières artificielles et plus d’un tiers a perdu la vision de la Voie Lactée à l’œil nu. En Europe, 60% de la population ne la voit plus. »[1]

Nicolas Houel, architecte et concepteur de lumière
, a l’ambition de rééduquer les usagers à la sobriété lumineuse en réintroduisant progressivement l’obscurité dans les villes. Pour ce faire, cet architecte a choisi d’analyser la rue de « Lanoue-Bras-de-Fer » dans la ville de Nantes. Celle-ci était, selon le principal intéressé, idéale de par les multiples usagers la fréquentant et ses divers usages.

Trouver le bon rythme.
Elle sera donc durant six mois le terrain de jeu et le laboratoire de recherche de ce spécialiste. Au terme de sa lumineuse recherche, notre expert établira un diagnostic qu’il lui permettra de dresser une liste de préconisations visant à adapter au mieux les éclairages sur 24 heures. Ce rythme de la lumière qui est depuis toujours si précieux à l’homme et à son rythme circadien.

Un éclairage pour tous.
Il regrette que la lumière ne soit pas perçue à sa juste valeur, à savoir comme un élément qui s’inscrit dans la construction de notre espace partagé par toute sorte d’usagers. Dans les faits, l’éclairage public semble avoir fait le choix de privilégier les automobilistes au détriment des piétons.

2018, une lumineuse année.
Il est judicieux de préciser que la ville de Nantes souhaite faire de l’année 2018, celle de l’innovation et de l’éclairage public. Dans de telles circonstances, l’initiative de Nicolas Houel s’est donc intégrée presque naturellement à ces résolutions. Pour le bon déroulement de l’expérience et pour démontrer sa bonne volonté, la Métropole nantaise a consentie à remplacer une dizaine de lampadaires par des modèles plus récents et plus adaptés.

« Il y a selon moi un travail très profond à réaliser sur le rapport entre être humain et lumière, et sur la capacité de l’Homme à revenir sur ses pas(…) Réduire l’éclairement, imaginer de nouveaux dispositifs, mobiles ou interactifs, pour réaliser à la fois des économies d’énergies, mais surtout (ré)ouvrir le regard de l’Homme face à son environnement nocturne, voilà ce que j’aimerais que la lumière fasse à l’avenir. Ne pas chasser l’obscurité mais la dévoiler. »[2]

Un diagnostic pour aujourd’hui et pour demain.
Au bout de ces six mois de recherches, M. Houel souhaite établir une méthode de conception de l’éclairage publique qui serait aussi innovante que nécessaire à l’équilibre de l’urbanité moderne et future. Il veut ainsi démontrer que la surenchère lumineuse, celle que nous connaissons actuellement, n’est pas légitime et qu’elle est un réel problème induit à cette modernité qui est toujours plus gourmande en énergie.

Les enjeux de la lumière.
Il est vrai que cet appétit insatiable n’est pas innocent ! Il crée impunément une véritable pollution lumineuse qui perturbe l’ensemble de la biodiversité, tel que les animaux nocturnes. L’homme lui aussi en ressent inévitablement les effets sans trop y porter attention. Par ailleurs. Cette consommation excessive en énergies est, pour nos collectivités, un véritable gouffre financier.

« Nantes compte environ 95 000 points lumineux et cela lui coûte, par an, 5,6 millions d’euros. »[3]

Une lumière, plusieurs impressions.
Il est intéressant de préciser que le chercheur conscient de l’incidence de son projet sur le quotidien des Nantais invite la population à partager ses impressions sur ce nouvel éclairage. Ce projet va donc au-delà de la simple recherche scientifique et devient un véritable projet collaboratif, une invitation au dialogue entre l’expert et les citoyens.

 

[1] https://www.sudouest.fr/2017/11/24/sante-animaux-plantes-la-pollution-lumineuse-un-vrai-cauchemar-3972814-4725.php

[2] https://www.lightzoomlumiere.fr/interview/semanciper-de-lelectricite-nicolas-houel/

[3] https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-une-idee-lumineuse-pour-l-eclairage-public-5515085

 


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