La mise en lumière du patrimoine français.

« La mise en lumière du patrimoine traduit la volonté des communes de donner une identité visuelle particulière à leur ville. Au cours de ces vingt dernières années, elle est passée du tout au rien, pour finalement trouver un bon compromis qui met en valeur des bâtiments choisis avec discernement utilisant des sources et des luminaires performants et peu énergivores… »[1]

Un pays chargé d’histoire.

Il est vrai qu’elle est belle et riche notre France forte de ses 44 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco[2]. Un patrimoine millénaire enviable et envié qui fait chaque année déplacer les foules du monde entier. On a toutes les raisons de crier gaiement « Cocorico ! »

« La France, première destination mondiale avec plus de 85 millions d’arrivées de touristes internationaux en 2017, bénéficie d’un secteur touristique, économiquement majeur, qui représente plus de 7 % de son PIB en termes de consommation touristique. »[3]

Un nouveau visage.

Il est donc plus que judicieux de savoir mettre en valeur ce patrimoine qui est le nôtre. Par une lumière finement définie par exemple, nous permettons à tous (du local au touriste) de redécouvrir un monument. Celui-ci offre un nouveau visage et réussi ainsi l’exploit de rayonner de jour comme de nuit.

« Tout ce travail à partir d’un seul et unique matériau n’est pas répétitif, ni la lumière artificielle, l’éclairage, ni la pulsation, la captation, procédé technique, ne sont des fins en soi, chacune trouve et dit ses raisons ou son absence (mes lumières ne singent pas le soleil). La lumière est faire venir dans la nuit l’attendu ou l’inattendu, rendre présent ou plus absent (effet de contraste) »[4]

Un savoir-faire lumineux.

Parlez-en à Yann Kersalé et Louis Clair ! Des  « concepteurs lumière »[5] qui dès les années 80,  ont su manier la poésie de « la matière noire »[6] et c’est par la lumière qu’ils eurent l’idée de la mettre en scène. Aujourd’hui, trente ans plus tard, les monuments français sont considérés comme les mieux éclairés au monde. [7]S’ils n’en sont pas nécessairement les auteurs, ils sont, à n’en pas douter, les véritables précurseurs d’une profession désormais reconnue, celle de concepteur lumière.

« Cette pratique trouve son sens dans l’interdépendance de l’Image-lumière et du volume: la lumière est façonnée pour soustraire une partie du noir et agit comme un masque délimitant un espace non visible, le volume, quand à lui, est spécifiquement modelé pour sculpter la matière lumière. »[8]

La maîtrise du Lyon.

Lyon est une ville qui, en matière d’éclairage, sort encore et toujours du lot ! Son savoir-faire est reconnu à travers le monde et s’expose chaque année lors de son festival des lumières[9]. Une technicité qui, par son réseau LUCI[10], fédère les villes du monde sensibles aux enjeux portés par la lumière. L’expertise de Lyon est un concept qui a séduit et qui s’exporte aussi comme par exemple à  Quito qui va organiser sa troisième « Fiesta de la Luz » avec le conseil artistique de la Fête des Lumières de Lyon.

« Aujourd’hui, LUCI rassemble plus de 110 membres à travers le monde dont 65 villes et 51 membres associés (professionnels de la lumière, universités, concepteurs lumière…). A travers ses événements, ses activités et ses projets, LUCI crée des espaces d’échange de savoir et d’expériences pour les villes sur l’éclairage urbain. »[11]

La Capitale de la lumière.

La ville de Chartres, membre du LUCI, et aussi surnommée « la Capitale de la lumière et du parfum », a su tirer son épingle du jeu grâce à son évènement « Chartres en lumières ». Celui-ci a une durée exceptionnelle de six mois(d’avril à octobre) et met en lumière 24 de ses sites emblématiques[12]. Ce rendez-vous unique a le statut de « plus grande opération de valorisation du patrimoine par la lumière au monde. » [13]Ce qui lui vaut les bonnes grâces et la curiosité de plus d’un million de touristes chaque année.[14]

Peindre la nuit.

Tous ces artistes de la lumière font ressortir les couleurs de la nuit comme le faisait Van Gogh, à son époque. Le grand peintre néerlandais disait lui-même que la nuit était « encore plus richement colorée que le jour » [15]et que ses bleus et ses verts étaient plus intenses. Il est vrai que les lumières de la nuit nous donnent à voir une ville qui de jour nous parait du coup un peu méconnu… Alors laissons la magie opérer et ses nombreux artisans nous émerveiller!

L’art, un langage universel.

Pour voir un peu de cette magie, vous pouvez vous tourner vers nos cathédrales.  Celles-ci savent s’entourer des meilleurs concepteurs lumière pour se mettre en valeur. Il existe de nombreuses destinations françaises telles que Strasbourg, mais il n’est pas nécessaire d’aller si loin…Dans les Hauts-de-France, nous avons celles de Beauvais ou encore Amiens, qui sauront vous enchanter par leur histoire et leur architecture. Par la lumière, les cathédrales cherchent à interpeller les passants et mettre en avant l’esthétisme de l’architecture du monument allant au-delà du religieux.

La conquête du mapping.


Une nouvelle façon d’illuminer les bâtiments est le mapping vidéo, soit « une technologie permettant de projeter de la lumière, des images ou des vidéos sur des volumes (du petit objet au monument), créant des illusions d’optique en profitant notamment des reliefs du support sur lequel ils sont diffusés »[16].  Cette façon unique de jouer avec la nuit est de plus en plus adoptée par les communes, celles-ci cherchant une nouvelle façon de se mettre en valeur et d’attirer le regard.

Le mapping au cœur de la région !

Depuis 2018, la région des Hauts-de-France possède son propre festival de mapping. Cette première édition a débuté à Lille en mars dernier et prendra fin en septembre à Arras. Cette dernière étape sera projetée sur le Beffroi et remplacera le fameux feu d’artifice qui était l’un de ses incontournables. D’ici la clôture du festival en septembre, une dizaine de villes de la région prendront part aux festivités en hébergeant elles aussi un mapping.

[1] http://www.lagazettedescommunes.com/178808/une-lumiere-adaptee-pour-mettre-en-valeur-le-patrimoine/

[2] Signifiant « signifie United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, soit en langue française « Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la Culture. »

[3] Document 2018-06-tourisme-patrimoine-synthese

[4] http://www.ykersale.com/bio/

[5] Un intermédiaire entre l’architecte et l’éclairagiste(http://archives.lesechos.fr/archives/2008/SerieLimitee/00063-011-SLI.htm)

[6] Expression de Yann Kersalé pour définir la nuit.

[7] http://archives.lesechos.fr/archives/2008/SerieLimitee/00063-011-SLI.htm

[8] Xavier Boyaud, concepteur lumière.

[9] L’édition 2018 est annoncée du 6 au 9 décembre.

[10] LUCI pour « Lighting Urban Community International »

[11] http://www.fetedeslumieres.lyon.fr/fr/page/lyon-specialiste-de-la-lumiere

[12] https://www.chartres.fr/sortir-a-chartres/les-evenements-intemporels/chartres-en-lumieres/

[13] https://www.atrium-patrimoine.com/chartres-en-lumieres-la-plus-grande-operation-de-valorisation-du-patrimoine-par-la-lumiere-au-monde/70091

[14] https://www.atrium-patrimoine.com/chartres-en-lumieres-la-plus-grande-operation-de-valorisation-du-patrimoine-par-la-lumiere-au-monde/70091

[15] Version web_Mise_en_lumiere_eco-responsable_du_patrimoine_Pole_Industries_Culturelles_et_Patrimoines

[16] http://www.lavoixdunord.fr/316737/article/2018-02-13/le-mapping-succede-aux-petards-pour-depoussierer-l-embrasement-du-beffroi)

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Top