Démantèlement de nos centrales nucléaires, une seconde vie à ne pas négliger.

Il y a sept ans, le 11 mars 2011, eut lieu la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, à la suite d’un tsunami. Cet accident de niveau 7(l’échelon le plus élevé) est avec Tchernobyl, vingt-cinq ans plus tôt, l’un des pire du XXIe siècle. [1]Ce coup du sort qui frappa les Japonais créa une onde de choc à l’échelle mondiale et toucha durement l’industrie qui se remis en question.

La France par exemple, soit dit en passant le pays le plus nucléarisé au monde avec ses 58 réacteurs en usage[2], fit le choix de durcir ses normes « post-Fukushima ». Ces prescriptions concernent tout le parc français, des centrales actuelles et celles de demain. La volonté est claire, nous voulons que nos installations puissent résister à une éventuelle catastrophe, un évènement d’une puissance extraordinaire. Nous ne voulons pas voir l’une de nos villes puisse s’ajouter à celles de Tchernobyl et de Fukushima.

 

Une question d’enjeux.

Dans l’hexagone beaucoup de nos centrales furent construite à la même époque, elles sont vieillissantes et nécessitent de toute urgence une cure de jeunesse ! En parallèle, il y a  la Transition énergétique voulant que « d’ici à 2025, l’électricité nucléaire ne représente plus que 50% du bouquet électrique national.»[3]. Certaines cesseront définitivement leurs activités…. Les fermer n’étant pas le réel problème, les maux de tête semblent arriver lorsque l’on évoque leur démantèlement.

« Mais EDF semble avoir bien du mal à faire face au mur d’investissements qui se profile, entre nouveaux projets nucléaires, travaux de «grand carénage» pour obtenir le prolongement, de quarante à cinquante ans, d’un bon tiers de ses 58 réacteurs, et le chantier herculéen que va constituer le démantèlement des neuf centrales déjà à l’arrêt. «Il apparaît que la filière nucléaire n’avait pas anticipé le démantèlement»[4]


Un chantier qui perdure.


Il faut savoir qu’une centrale nucléaire est un réel investissement, et ce, à toutes les étapes de sa vie. De toute évidence, c’est le « après » qui fut sous-évalué, car les chiffres prévisionnels ne cessent de croître. Prenons pour exemple, la centrale « zombie » de Brennilis en Bretagne. En 2005, il était question de 482 millions d’euros, soit vingt fois plus que l’estimation initiale, celle de sa fermeture.[5]

Un cas d’école.

La centrale n’est peut-être plus une source de revenus, mais elle fait toujours partie du décor des Brennilisiens et ce n’est pas prêt de changer…. Ce réacteur à eau lourde (un exemplaire unique en France) n’a été utilisé un peu moins d’une vingtaine d’année et est à l’arrêt depuis 1985.[6] Elle ne devrait être rayée définitivement de la carte qu’en 2038[7]Soit plus de 50 ans plus tard ![8]

« Chaque réacteur a une histoire particulière avec des incidents différents survenus au cours de son histoire. Tous ces éléments […] peuvent faire varier le coût du démantèlement d’un site à un autre. »[9]

Le savoir-faire français.

Si nous voulons voir des sites tels que Brennilis et Chooz obtiennent une nouvelle vie et offrir à leurs citadins un nouveau paysage, Il est nécessaire que la France fasse preuve de plus de prévoyance dans ses actions. C’est en réalisant concrètement les nombreuses « bonnes résolutions » qui ont été prises au sujet du nucléaire (citons par exemple le fait de revoir sa stratégie globale et ses règles de provisionnement des coûts) qu’elle pourra se hisser au rang des cheffes de file mondiale de ce marché du démantèlement de centrales nucléaires. En se posant dès aujourd’hui les bonnes questions, nous réussirions demain le « recyclage » de nos vieilles centrales nucléaires.

[1] https://www.nouvelobs.com/planete/20110412.OBS1142/l-accident-de-fukushima-classe-niveau-7-comme-tchernobyl.html

[2] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-francais

[3] https://www.nouvelobs.com/planete/20170131.OBS4665/demanteler-les-centrales-nucleaires-un-cout-atomique.html

[4] http://www.liberation.fr/futurs/2017/02/01/cout-du-demantelement-du-parc-nucleaire-edf-se-fait-demonter_1545688

[5] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/encore-20-ans-d-attente-avant-le-demantelement-complet-de-la-centrale-de-brennilis_125983

[6] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/demantelement-en-france-pays-du-nucleaire-la-tache-reste-immense_119811

[7]  https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/demantelement-en-france-pays-du-nucleaire-la-tache-reste-immense_119811

[8] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/encore-20-ans-d-attente-avant-le-demantelement-complet-de-la-centrale-de-brennilis_125983

[9] https://www.nouvelobs.com/planete/20170131.OBS4665/demanteler-les-centrales-nucleaires-un-cout-atomique.html

 

 


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