L’incivilité en ville : causes et éléments de réponse

Détritus autour d'une poubelle

Des crachats, une manière de s’exprimer pour le moins peu élégante, des dégradations effectuées sur les biens publics, etc etc … Chacun est plus ou moins régulièrement confronté à de tels agissements qui sapent le « mieux-vivre en société ». Comprenons ensemble les origines de ce type de comportement, quels sont-ils et les éléments que vous pouvez concrètement mettre en place pour lutter contre l’incivilité.

 

L’incivilité a des origines diverses

La définition du mot incivilité daterait du XVIIe siècle.[1] Celui-ci signifie à l’origine la discourtoisie. Dominique Picard, professeur de psychologie sociale, la définit comme « un ensemble de règles proposant des modèles de conduite adaptés aux différentes situations sociales »[2]. L’incivilité traduit donc la transgression de règles sociales, qui ne blessent pas physiquement les individus. Mais dont le non-respect change négativement le rapport entre les individus et diminue la confiance dans le vivre ensemble.

Le terme de civilité se rapproche à celle de cité, voire de citoyenneté. Alors que celui d’incivilité n’est pas si facilement définissable. Il regroupe certaines actions qui ne sont pas pénalement sanctionnables, alors que d’autres sont à relever et à punir.

Ce mot a ensuite évolué dans un sens plus contemporain. Il aurait ainsi ressurgi des Etats-Unis dans les années 1970 avec le terme « incivilities », puis développé par des chercheurs américains dans les années 80 avec la thèse de la vitre brisée[3] (Nous étudierons cet élément plus loin dans l’article). Deux hypothèses qui pourraient justifier la résurgence de ce mot : la guerre au Vietnam qui se maintient dans le pays de l’oncle Sam. Ou alors la ségrégation raciale qui sévissait encore dans le pays.

 

On dénombre 5 classes d’incivilités[4]

  • La gestion des mouvements et de la circulation : il s’agît d’empêcher les individus de bouger à leur convenance et d’évoluer dans un espace, d’entrer donc en mouvement.
    Exemple : le respect du code de la route sur une priorité à droite, qui doit être accordée ou alors de mal se stationner en gênant des passants (même si une infraction ne peut pas toujours être relevée).
  • L’aspect et les comportements physiques : l’absence de respect de soi-même ou des autres de manière visuelle ou dans l’attitude. Cela peut être le fait de fumer dans un espace libre où d’autres personnes, non-fumeurs, se situent. Aussi, dans le métro, de manger et boire en laissant des traces.
  • Les conflits peuvent aussi avoir lieu sur la voie publique, dans le blocage et la restriction d’accès à des lieux qui sont conçus et ouverts à tous. Alors que des endroits font partie du domaine public, certains usagers se trouvent dans l’impossibilité d’y accéder sous prétexte qu’un ou plusieurs individus en bloquent l’accès.
  • D’autres actions privées, qui prennent le pas sur la sphère publique, peuvent provoquer une gêne chez nos concitoyens. On peut comparer cela à des comportements insufflés par les parents à leur progéniture : ne pas s’exprimer bruyamment en public, surtout si l’espace est clos ou alors de ne pas considérer le matériel de la collectivité avec le respect qui lui est dû : mettre de manger et boire en laissant ses détritus, laisser son mégot par terre une fois la cigarette fumée.
  • Dernier élément : les propos qui n’aident pas au « vivre ensemble ». Cela peut regrouper des insultes, des mots de langage peu courtois ou très directs ou peut être un ton de voix hautain et supérieur.

 

Comment les actes d’incivilité isolés s’amplifient ?

De petits actes quotidiens parfois faibles et isolés d’incivilité peuvent entrainer des actes bien plus impactants. Intéressons-nous maintenant à la théorie de Wilson et Kelling sur la vitre brisée[5]. Les travaux de ces deux hommes font apparaître que la peur est un moteur d’un certain sentiment d’insécurité qui peut apparaître chez certains citoyens.

En effet, l’insécurité influe sur le sentiment de bon voisinage et indique que la qualité des liens sociaux s’est distendue entre les habitants et membres d’une communauté d’individus. L’idée principale des deux chercheurs est la suivante : si une vitre brisée dans un immeuble n’est pas réparée, alors les autres vitres risquent de connaître le même sort par effet d’entrainement.

La symbolique de cette fenêtre est simple : le voisinage a abdiqué et a laissé la vitre à son sort. Par extension, il a fait la même chose pour les lieux. L’espace a ainsi perdu les règles qui le régissait initialement et fera probablement l’objet d’incivilités et de délinquance accrue. Le parallèle est facile avec des tags, des détritus, mégots ou toute incivilité pouvant se tenir dans l’espace public par des personnes peu scrupuleuses du bien commun. Cette délinquance pouvant ainsi basculer vers une criminalité renforcée.[6]

 

Pensons aux publics fragiles, à nos citoyens et aux employés de nos communes

Comment alors réagir face aux incivilités vis-à-vis des publics divers qui se côtoient en ville ? Il faut tout d’abord protéger les populations les plus fragiles (enfants en bas âge, seniors, handicapés et personnes à mobilité réduite (PMR)…) de ces comportements qui nuisent au mieux-être.

Pensons aussi à nos citoyens qui paient leurs impôts, taxes et qui souhaitent vivre et évoluer en bonne entente avec les autres individus.

Egalement, les personnes chargées quotidiennement de veiller à la propreté et à l’entretien des villes. Il est peu motivant pour elles de retourner à certains endroits. Alors qu’ils étaient bien entretenus la veille, ils font l’objet d’incivilités répétées de la part d’une minorité ayant un comportement plus que détestable.

 

Quelques idées et initiatives peuvent permettre de lutter contre les incivilités :

  • Pouvoir prévenir les incivilités : communiquer via des campagnes de proximité et d’affichage, des actions concrètes et des initiatives locales, mais aussi punir graduellement des comportements qui nuisent au vivre ensemble. En Finlande par exemple, le montant des procès-verbaux est proportionnel au revenu. Un homme aux revenus plus élevés devra payer bien plus que celui qui possède des revenus plus modestes.[7]
  • Concevoir des zones aérées et plus facilement observables. Il s’agît de réduire les angles morts de vision de tous les individus. Les comportements d’incivilités et les actes répréhensibles sont plus facilement détectables par tous. Cela a également un effet dissuasif pour prévenir de tels comportements.
  • Compter sur chacun des citoyens pour remonter et signaler les dégradations et le vieillissement des équipements publics, entretenir ce qui a vieilli ou endommagé pour améliorer le confort de tous.
  • Avoir un éclairage public de qualité, qui sécurise les habitants et laisse peu de place aux zones d’ombre. Une ville bien éclairée est une ville où les citoyens sont plus sereins. Ils sortiront davantage, profiteront mieux de l’espace public et seront désireux d’y vivre plus longtemps.
  • Choisir des matériaux et des solutions performantes qui permettent de simplifier l’entretien, la durée de vie et la solidité des aménagements publics. On limite ainsi les risques de dégradations et on favorise le long terme et des durées de maintenance moins élevées.

 

Comptez sur nos experts pour vous éclairer dans la définition de vos besoins et vous accompagner à chaque étape de votre projet.

Candéliance et ses équipes s’engagent chaque jour pour contribuer au « mieux vivre ensemble » en ville et au quotidien dans les Hauts de France, via l’aménagement urbain, l’éclairage public et l’éclairage fonctionnel.

A vous de tester vos connaissances

 

[1] Slate, article du 22 janvier 2017 sur les incivilités au quotidien, http://www.slate.fr/story/134891/consequences-incivilite-ville

[2] Dominique Picard, professeur de psychologie sociale dans l’université Paris  https://www.carrieres-publiques.com/actualite-fonction-publique-la-lutte-contre-les-incivilites-d-217

[3] http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/enjeux/crise-citoyennete/incivilites-violence-citoyennete.html

[4] Slate, article du 22 janvier 2017 sur les incivilités au quotidien, http://www.slate.fr/story/134891/consequences-incivilite-ville

[5]Théorie de la vitre brisée, le retour : des chercheurs en psychologie ont trouvé de nouveaux éléments qui la confortent, Atlantico.fr le 12 décembre 2016,
http://www.atlantico.fr/decryptage/theorie-vitre-brisee-retour-chercheurs-en-psychologie-ont-trouve-nouveaux-elements-qui-confortent-sebastian-roche-2905703.html .

[6]Simon Porcher, sur le blog Observatoire des idées, novembre 2010, http://observatoiredesidees.blogspot.com/2010/11/lutter-contre-les-incivilites-pour.html.

[7] https://www.capital.fr/economie-politique/les-bonnes-idees-a-copier-a-l-etranger-pour-diminuer-grandement-les-incivilites-1155876


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Top