L’ère des GAFA : À un clic d’un changement de gouvernance.

Nous l’avions vu dans un précédent article : (L’enjeu de la redynamisation de nos centres-villes : Comment redonner à nos villes leurs lettres de noblesse ?) Les villes moyennes souffrent de désertification commerciale, les commerces se retrouvant dorénavant en périphéries dans les zones dédiées ou…sur internet !

À un clic du bonheur.
Le produit tant convoité ne se trouve plus qu’à un clic, et nous est livré à domicile dans des délais de plus en plus courts. Les géants venant du monde virtuel (Google, Apple, Facebook, Amazon, dites les GAFA) assurent venir en amis en se présentant comme des outils pour nous simplifier la vie.

« Autre facette de cette concentration d’internet, les 10 applications disponibles dans les Stores les plus consultées appartiennent toutes aux GAFA. Les sites et applications des GAFA représentent 36% du temps total passé sur internet et 64% des Français (38,2 millions) s’y connectent tous les jours.»[1]

De nouveaux territoires à conquérir.
Dans ce monde connecté, Les GAFA jouissent d’une incroyable visibilité et ils sont sur tous les fronts numériques. Le consommateur, un peu comme l’insecte attiré par la lumière, se tourne naturellement vers eux… Le souci est qu’ils ne se contentent plus de nous proposer des biens ou des services, ils s’aventurent dans des domaines inédits ; par leur puissance, ils le font en conquérant et sans complexe. Bref ils pourraient aisément considérer l’idée d’accaparer le monde réel, après une consécration évidente dans le monde virtuel.

«La détention de cette masse contextualisée de données remet en cause la légitimité historique de l’acteur public sur son territoire, bouleverse le jeu des acteurs, interroge le concept de service public, brouille les limites du privé et du public et trouble des règles fondamentales d’économie et de gouvernance de la cité.»[2]

Des êtres omniscients.
Il est vrai que rien ne semble les arrêter ces GAFA, ils ne cessent de cumuler les domaines d’activités : télécommunications, transports, commerces… Ils sont partout, tout le temps et ils sont omniscient ! Cette omniscience leur offrant même un avantage sur nos élus car les GAFA savent et connaissent les citoyens par cœur, mieux que personne, en récoltant leurs données au quotidien, des données que nous leurs offrons gracieusement sans trop se poser de questions…

Des collectivités à numériser.
Les GAFA se présentent aux élus comme les messies du numérique et «offrent» leurs produits miraculeux de belle façon ; les collectivités souvent mordent à l’hameçon… Il faut dire que les maires sont souvent dépassés par la progression fulgurante du numérique et se laissent séduire par la promesse de la Smartcity.

Une image de marque.
Même les plus technophobes d’entre eux aspirent à ce statut valorisant qui se veut être un outil pour la commune en général et le bien-être de ses administrés. Cette obtention est aussi un gage et une exposition de leur modernité, une qualification qui est en termes d’image très flatteuse et convoitée.

«En remodelant la ville, l’économie des plates-formes rebat aussi les cartes du pouvoir. De nouveaux équilibres se mettent en place où les géants numériques contournent les acteurs publics, dépossédés de leur capacité à organiser le marché des services urbains, au risque de perdre de vue l’intérêt général au profit des intérêts particuliers.»[3]

Des villes et des GAFA.
C’est ainsi que nous nous retrouvons avec des villes telles que Toronto au Canada où Google a pris en charge l’intégralité d’un quartier ou plus près de nous, à Londres 65 espaces publics furent privatisés.[4] Ces aides sont bien sures les bienvenues, nous-mêmes nous ne refuserions pas de si beaux cadeaux

Faites gaffe aux GAFA !
Il ne faut juste pas perdre de vu que les bonnes actions des GAFA ne sont pas faites par altruisme, elles ne sont pas dénuées de volontés mercantiles. Il ne faut pas se leurrer ! c’est bien cette possibilité d’accroître leur pouvoir qui les enivrent et les motivent à investir autant de ressources dans nos collectivités.

«Cessons de voir de la magie là où ne se formulent que des palliatifs. Les intelligences numériques ne sont évidemment ni vertueuses, ni perverses par elles-mêmes. Leur mobilisation aussi efficiente soit-elle n’exempte pas d’une réflexion sur la ville que nous voulons.»[5]

Un avenir commun à dessiner.
Il est nécessaire de se déconnecter ne serait-ce qu’un instant pour prendre un peu de hauteur et se poser des questions légitimes. Nous devons élargir nos horizons et enfin voir sur le long terme : Quel visage souhaitons-nous pour la ville de demain ? Dans quel type de villes voulons-nous habiter et évoluer ? Quel rôle voulons-nous avoir dans cette ville intelligente ? Voulons-nous, par exemple, conserver un relatif anonymat, une liberté d’actions et d’exécutions, c’est-à-dire notre libre arbitre ou devons nous nous résigner à ne devenir qu’une vulgaire statistique, une machine à données bien huilée, une manne d’informations pour des géants qui régnant en maître sur notre monde, pourrons nous scruter sans vergogne et sans autres considérations.

L’autorité naturelle du Lyon.

Rassurez-vous tout de même ! Il est possible de trouver un juste milieu sain et équilibré, certaines villes françaises semblent y arriver… Il est question de la ville de Lyon qui est numérique, et ce, tout en conservant sa précieuse gouvernance.[6]

[1] https://www.frenchweb.fr/les-gafa-representent-36-du-temps-internet-des-francais/318060

[2] http://www.lagazettedescommunes.com/469440/datacites-inventer-linteret-general-de-la-smart-city/

[3] https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2017/10/13/les-libertes-individuelles-oubliees-de-la-smart-city_5200742_4811534.html

[4] https://www.frenchweb.fr/les-gafa-sont-ils-des-dangers-pour-nos-villes/329020

[5] http://www.lagazettedescommunes.com/469440/datacites-inventer-linteret-general-de-la-smart-city/

[6] https://www.frenchweb.fr/les-gafa-sont-ils-des-dangers-pour-nos-villes/329020


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