La France, une nation « pet friendly » ?

« Nous le voyons, établir une cohabitation harmonieuse entre l’Homme et l’animal en milieu urbain est avant tout une question de respect, mais aussi d’argent et de courage politique. En effet, il faut à la fois reconnaître les bienfaits positifs des animaux sur notre société, et avouer les désagréments qu’ils peuvent comporter au quotidien, mais aussi mettre en œuvre les moyens matériels et financiers nécessaires pour organiser cette cohabitation. »[1]

Selon le site « Jamais sans Maurice »,  la France n’est pas le pays le plus « pet friendly »[2]. Mais nous sommes tout de même en quatrième position ! Un rang qui est honorable, mais invite à l’amélioration. Il se doit de nous encourager à faire mieux et à nous engager davantage dans le projet d’intégration de l’animal urbain.

« Motocrottes au garage, peu d’accès aux espaces verts, amendes… Dans les grandes villes françaises et surtout à Paris, le chien cherche sa place au côté de l’homme. »[3]

« La dolce vita »[4]

Les animaux en Italie semblent se la couler douce, du moins plus douce qu’ici… Car les Italiens seraient un tantinet plus tolérants envers nos amis les animaux. C’est ce regard plus bienveillant qui leur vaudrait cette première place du palmarès. La France gagnerait déjà beaucoup à préférer la médiation et la sensibilisation à la répression.

Certaines se distingue néanmoins : « Depuis la première édition, (Montpellier) s’est nettement détachée des autres par les actions qu’elle mène en faveur de l’intégration du chien. La capitale de l’Hérault répond à tous les critères du classement, et même plus ! Des transports gratuits et accessibles à tous les chiens, des espaces, parcs et jardins, ouverts presque tous aux canidés et, pour certains d’entre eux, sans laisse, à condition qu’ils restent sous l’étroite surveillance de leurs maîtres. »[5]

Une Capitale qui a du chien ![6]

A l’échelle nationale, Montpellier a fait ses preuves ! C’est par sa réelle volonté d’intégrer les animaux au quotidien qu’elle mérite les honneurs, des honneurs qui sont rendus par le magazine « 30 millions d’amis ». Son palmarès 2018 des « Des villes où il fait bon de vivre avec son chien » auréola encore une fois la Capitale de l’Hérault.

Les animaux d’in ch’nord !

Plus proche de nous, la Capitale des Flandres est plutôt bonne joueuse et ses efforts lui confèrent une place dans ce fameux Top10.[7] Il faut dire que la jolie nordiste a le privilège d’héberger le premier café européen propice à des rencontres qui ont du chien; Le « WAF .»

Bien que la Métropole n’ait pas de réel « Caniparc »[8], elle possède tout de même quelques parcs proposant un «  espace canin » . Des espaces dédiés qui, comme le WAF, sont propices aux belles rencontres. Dans ces petits coins de verdure aménagés se retrouvent volontiers les amis des bêtes… Nous insinuons que les usagers ont sans effort un beau sujet de conversation pour engager une conversation!

« Lille a un avantage pour une grande ville, c’est celle de posséder de nombreux espaces pour le plus grand bonheur des pa-pattes de vos toutous ! Avoir la possibilité d’emmener régulièrement son chien se défouler dans un endroit adapté, où il pourra s’amuser, gambader, retrouver ce bonheur de côtoyer le temps d’un instant la verdure, est quelque chose de rare pour les maîtres de chiens urbains. »[9]

La métropole nordiste est d’avis elle aussi que tout le monde doit faire un effort pour que nos espaces partagés puissent être agréables et surtout le rester… C’est pourquoi elle met à la disposition des propriétaires de chien près de 250 distributions de « sacs à crottes », dit en « libre-service. [10]  De cette manière, le message est clair en rappelant délicatement qu’il suffit tout simplement de ramasser derrière son chien pour démontrer sa bonne volonté et son civisme.

« On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. »[11]

Des projets urbains.

Malheureusement pour nous , la simple considération esthétique serait un frein à plusieurs projets d’aménagement en faveur de nos chiens et chats. Il est vrai que les « canisites » et les « caniparcs » sont plus fonctionnels qu’inspirants, mais ils sont nécessaires au bon « vivre ensemble ».

«En bref : la gestion de l’animal en ville doit être confiée en collaboration à des professionnels de l’urbanisme et du monde canin. Malheureusement, les architectes ne s’intéressent pas encore à la question de dissimuler les « canisites » au sein de l’environnement urbain… »[12]

Beau et utile.

Les Américains ont pourtant démontré avec leur projet « Architect for Animals : Giving Shelter » qu’il est possible de joindre l’utile à l’agréable et c’est inspirant ! (et ça devrait nous inspirer !) Le principe du projet est simple : De grands architectes concourrent gentiment à imaginer des abris « design » qui pourront par la suite s’intégrer parfaitement au paysage urbain des grandes villes américaines.

« Une vie de chat ! »[13]

En parlant d’abris, la ville de Bully-les-Mines dans le Pas-de-Calais en installa elle aussi. Cette initiative en faveur de ses nombreux animaux abandonnés est le résultat d’un beau projet collaboratif, car il impliquait l’association « 30 millions d’amis » et le talent d’une APEI[14] de la région. Même si cette ville du 62 n’est pas la première à le faire, nous espérons qu’elle ne sera pas la dernière!

Le citadin à quatre pattes.

Il est vrai, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant que nos amis les « bêtes » puissent jouir d’un statut de « citadin » digne de ce nom, avec une véritable prise de conscience collective sur l’animal et sa condition. Il faudra arriver à travailler conjointement à optimiser l’aménagement de nos espaces communs pour qu’ils deviennent véritablement partagés et appréciés par tous.

« Nous avons tous à cœur le bien-être de nos animaux de compagnie, la préservation de la biodiversité, la propreté de nos parcs, de nos jardins et de l’espace public. C’est avec la participation de chacun que nous mènerons à bien ces objectifs pour une ville plus belle, plus agréable à vivre et plus durable. »[15]

[1] Mémoire « La cohabitation homme/animal en milieu urbain : L’exemple du chien » soutenu en 2007 par Béatrice SAVARY

[2] C’est-à-dire où les animaux sont considérés et accueillis dans les règles de l’art, dans les meilleures conditions possibles.

[3] https://www.huffingtonpost.fr/2013/04/13/le-chien-cherche-sa-place-grandes-villes_n_3075787.html

[4] Signifie « La douce vie » en Italien.

[5] https://www.santevet.com/articles/dans-quelles-villes-fait-il-bon-vivre-avec-son-chien

[6] Au Québec, « Avoir du chien » veut aussi dire : “être rusé”, “être en pleine forme”, “avoir un caractère bien trempé” ou “avoir de la classe”.

[7] https://www.gqmagazine.fr/lifestyle/news/articles/quelles-sont-les-villes-les-plus-dog-friendly-de-france-/62704

[8] Ou parcs à chiens, (un endroit) où les toutous peuvent jouer et courir en liberté tout en se socialisant. (Source Wamiz)

[9] https://www.empruntemontoutou.com/blog/toutou-ville-chiens-a-lille/

[10] https://www.empruntemontoutou.com/blog/toutou-ville-chiens-a-lille/

[11] Citation de Gandhi.

[12] Mémoire « La cohabitation homme/animal en milieu urbain : L’exemple du chien » soutenu en 2007 par Béatrice SAVARY

[13] Signifiant « Une vie facile, confortable. » (Source Wikipédia)

[14]  « Association d’Amis de Parents d’Enfants Inadaptés »

[15] Citation de M. Philippe SAUREL, Maire de la Ville de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole dans le « Guide pratique à l’usage des maîtres « de la Ville de Montpellier.


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