Les abandons estivaux : « Une chatte n’y retrouverait pas ses petits !

“Qu’est-ce que signifie « apprivoiser »? dit le Petit prince.  C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie «créer des liens…»”[2]

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est un chef-d’œuvre de la littérature rédigé en 1943. Aujourd’hui encore, il s’en vend près de 400 000 exemplaires seulement en France, et ce, chaque année[3]. Des lecteurs qui, à travers les pages, découvrent un auteur d’une grande sagesse et d’une belle sensibilité vis-à-vis de l’animal et de sa condition.

Une famille disloquée.

Un discours animaliste intemporel qui est toujours d’actualité, car les Français continuent de se départir de « Toutou » et de « Minou » plus vite qu’il n’en faut pour lire les 93 pages de l’oeuvre… A titre de comparaison, c’est près du quart de ces nouveaux lecteurs qui, chaque année, se délestent de leur compagnon. [4]

Une période chargée.

Pendant que certains préparent leurs prochaines vacances, les responsables et les bénévoles des structures d’accueil, eux , se préparent à faire face à une nouvelle surenchère d’abandons. Une situation qui s’explique aussi par la natalité féline et les déménagements qui se produisent dans la même période. Une multitude de portées qui, faute de régulation, sont indésirées et d’autant plus indésirables en cette période d’euphorie.

Des destinations différentes.

Devant ce soudain regain de popularité, les structures de prise en charge se sentent dépassées et souvent impuissantes. Celles-ci ne pouvant que constater que l’homme, face à une possibilité de briser sa routine, préfèrera honorer une réservation vacances plutôt que l’engagement qu’induit l’acte d’adopter.

« Chaque été, c’est la même crise. Certains refuges enregistrent plus d’une centaine d’appels hebdomadaires de personnes souhaitant abandonner leurs animaux. Seulement, les potentiels nouveaux propriétaires sont souvent en vacances, ce qui provoque un engorgement dans les refuges. »[5]

Meubles et meublants.

Pourtant l’animal n’est pas un vulgaire meuble! Aux yeux de la loi, il ne l’est plus depuis 2015 où il devint enfin « Un être vivant doué de sensibilité » [6]. Bien que punissable par la loi[7], l’abandon est difficilement répréhensible de part la mauvaise prise en charge des effectifs de notre population à quatre pattes. Malheureusement les choses ne sont pas prêtes de changer, la stérilisation faisant toujours défaut.

Donner une seconde chance.

Dans les faits, cette modernisation du statut n’est que très peu dissuasive, car il y a toujours autant d’abandons. Nous ne pouvons que constater un petit changement dans la prise en considération de l’animal, le propriétaire choisissant de plus en plus de le déposer lui-même à l’accueil d’un refuge pour, l’espère-t-il, lui offrir une chance de refaire sa vie

« Ce tournant historique (qu’est le nouveau statut de l’animal) met fin à plus de 200 ans d’une vision archaïque de l’animal dans le Code Civil et prend enfin en compte l’état des connaissances scientifiques et l’éthique de notre société du 21ème siècle. »[8]

Les hasards de la vie.

Le réel problème n’est pas que dans le geste lui-même, il est aussi dans sa répétition. Une répétition exposant une déconcertante banalité ! En fait toutes les raisons semblent justifier l’abandon : les aléas de la vie (une naissance, un divorce, une perte d’emploi, etc.), une prise de recul faisant réaliser à l’acquéreur que son choix fut sous-évalué

La triste réalité.

Une fois les lumières de Noël éteintes, la magie s’essouffle et nous constatons que notre acquisition est beaucoup moins mignonne et coûte plutôt cher en croquettes… La mauvaise gestion et le désintérêt collectif au sujet du contrôle des naissances sont à eux seuls suffisants pour gonfler les statistiques et engorger les structures d’accueils qui finissent par ne plus pouvoir le faire dans de bonnes conditions

Une belle et grande famille.

À titre d’exemple, une chatte qui n’est pas stérilisée pourra faire jusqu’à trois portées par année. Ce sera au minimum neuf petits êtres qui commenceront leur vie dans une cage, un espace restreint qu’ils partageront avec de nombreux compagnons d’infortune.[9]

« La SPA[10] recueille chaque jour les animaux en détresse, abandonnés ou perdus dans ses 63 refuges et Maisons SPA. Ils sont pris en charge par les équipes puis identifiés, stérilisés, vaccinés, soignés, éduqués et sociabilisés avant d’être proposés à l’adoption. »[11]

Une communication sur tous les fronts.

Un cercle semblant sans fin, malgré un effort soutenu de sensibilisation, et ce, sous tous les fronts, par de nombreuses campagnes. C’est d’autant plus triste qu’une simple stérilisation serait « le meilleur moyen de limiter la maltraitance, la misère animale et les abandons. »[12] et simplifierait grandement la cohabitation entre nos espèces.

Où trouver son nouvel ami ?

Nous vous conseillons de vous tourner  vers un refuge plutôt qu’une animalerie. Avant de vous rendre sur place, sachez que l’acte d’adopter engage sur du long terme (plus loin que vos prochaines vacances…) et que c’est un investissement conséquent en temps et en argent. Soyez humain : calculez et prévoyez !

Un sujet sensible.

Rappelez-vous que l’animal que vous adopterez (et qui vous adoptera) est un être sensible. C’est-à-dire qu’il aura des besoins mais aussi des faiblesses, il pourra tomber malade comme vous et moi… Nous résumerons notre pensée par une simple citation de Saint-Exupéry, celle-ci disant que ; « Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé. »[13]
Visitez-le : https://www.la-spa.fr/

[1] Expression voulant dire « Un grand désordre, une situation très complexe. » (Source Wikipédia)

[2] Antoine de Saint-Exupéry, » Le Petit Prince »

[3] http://www.economiematin.fr/news-le-petit-prince-record-vente-bible-traduction-saint-exupery

[4] https://www.30millionsdamis.fr/la-fondation/nos-combats/abandons/

[5] http://www.lepoint.fr/societe/triste-nouveau-record-d-abandons-cet-ete-la-spa-saturee-05-08-2018-2241576_23.php

[6] https://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/8451-statut-juridique-les-animaux-reconnus-definitivement-comme-des-etres-sensibles-dans-le-code/

[7] En France, l’abandon d’un animal domestique est assimilable à un acte de cruauté passible de 2 ans d’emprisonnement et 30.000€ d’amende (article 521-1 du code pénal).

[8] https://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/8451-statut-juridique-les-animaux-reconnus-definitivement-comme-des-etres-sensibles-dans-le-code/

[9]https://animaux.toutcomment.com/article/combien-de-chatons-a-une-chatte-par-portee-13201.html

[10] La Société protectrice des animaux

[11] https://www.la-spa.fr/la-spa-lutte-chaque-jour-contre-labandon-danimaux-en-france

[12] https://www.la-spa.fr/la-spa-lutte-chaque-jour-contre-labandon-danimaux-en-france

[13] Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince »

 


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